Dieu a créé la femme, et la femme a créé la toilette pour achever l'œuvre divine. Le simple éclat de la beauté ne l'a pas rassurée : elle a voulu augmenter sa puissance, multiplier ses effets et les varier à l'infini au gré de la mobilité de ses goûts et de son immuable désir de plaire. Toutes les idées, tous les sentiments ont été appelés à son aide. La simplicité, la recherche, la joie, la tristesse, la volupté, la pudeur, se traduisent sur elle en formes charmantes et en couleurs symboliques qui offrent aux yeux et à l'imagination une fête sans cesse renouvelée, mais au milieu de ces prestiges, la femme sait rester elle-même. La toilette la nuance, sans altérer sa physionomie, comme les différentes heures du jour nuancent de leurs teintes variées les splendides paysages qu'elles éclairent. 

Cet art si capricieux a trouvé dans la mode un maître plus capricieux encore ; que dis-je, un maître ! un oracle qui lui dicte des lois toujours absolues et toujours acclamées comme un règne nouveau. Toutes les femmes connaissent, méditent et adorent ces lois, mais toutes ne les appliquent pas avec un égal bonheur.